Univers Manchettellesque

La couleur de peau est un détail auquel la pensée universelle ne doit jamais s’arrêter !

14
nov 2008
ECONOMIE DES COUTS : VERS UN MONDE DE PLUS EN PLUS EGOISTE ?
Posté dans Non classé par vanmanchette à 3:37 | Pas de réponses »

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  C’est la coqueluche des entreprises modernes, le remède miracle, le produit de l’année, le must le plus prisé. 

Les économistes appellent cela l’économie des coûts. Cost savings en Anglais. 

Parmi les expressions les plus courantes « régime minceur » me prête à sourire. 

Tous, des euphémismes qui cachent mal un malaise, depuis la faillite de Lehmann Brothers aux Etats-Unis le 15 septembre 2008, qui a entraîné dans son sillage la récession économique dans ce grand pays puis dans certains pays d’Europe. 

On assiste à une décadence des mœurs d’antan. Une part de notre humanité qui s’étiole, au nom de la crise. 

Dans un avenir proche, la générosité, l’altruisme, seront bientôt considérés comme des défauts à bannir, des produits périmés, car conduisant à l’échec. Business is Business ont coutume de dire nos cousins Américains. 

Les mignons slogans comme win-win (gagnant-gagnant), we are partners (nous sommes partenaires) ont l’air has been devant la mine patibulaire des employés chevronnés qui font de l’haltérophilie cérébrale en première ligne pour sauver le navire, sans que leur bulletin de paie ne connaisse une grosseur de régime !

Pas d’augmentation de salaire. C’est le bug managérial, le mot tabou à ne pas prononcer en face de son employeur, surtout par les temps qui courent, un sésame négatif en quelque sorte ! 

Il faut tirer la sonnette d’alarme.  A propos, il me vient à l’esprit, une phrase de Churchill pleine d’illustration :  « Si on ne prend pas la crise par la main, c’est elle qui nous prendra par la gorge » Tous les regards sont tournés vers le bénéfice, plus de gains à engranger à moindre frais, alors que la motivation des ressources humaines qui produisent l’activité s’en trouve affaiblie, ce qui déteint indéniablement sur l’efficacité du personnel et partant, sur la qualité, qui devrait être un label d’exigence. 

Les réunions de crise se succèdent dans les bureaux mais on n’y parle que de chiffres, de plans de réduction des coûts, pas de l’état psychologique du commis qui s’est transformé en zombie et qui cauchemare sur son boulot, même quand il est en congés. A se demander si une autre vie est possible en dehors du travail.  Les primes sautent une à une, comme les maillons d’une chaine ; le coût de la vie galope, mais pas question de toucher au portefeuille.  Devant une telle austérité, il faut craindre que cette mode managériale, drainée par l’effet boule de neige, ne s’installe malicieusement dans la vie courante.  De quoi donner des sueurs froides aux ménages qui, par nécessité se serrent déjà la ceinture. 

Devant le triste spectacle de l’appétit d’ogre du capitalisme mondial, la satisfaction d’être un quidam de villageois n’a jamais été un aussi grand privilège, menant une vie paisible, ne connaissant pas le stress et les mécanismes volatiles de la bourse. 

Emile Chartier pourrait bien ravaler sa langue, lui qui écrivit dans Eléments de Philosophie que « le travail est le premier fruit de la sagesse » ! 


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