Univers Manchettellesque

La couleur de peau est un détail auquel la pensée universelle ne doit jamais s’arrêter !

Archive pour mai, 2009


JCC EDITION 2009. JOURNEE D’ANIMATION A CARACTERE CULTUREL OU JOURNEE CULTURELLE ?

19 mai, 2009
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La journée « culturelle » Congolaise (BZV) à Casablanca  a eu lieu ce Samedi 16 Mai 2009. 

Cette journée aurait pu être un succès à au moins 85% n’eussent été des soucis d’organisation grattant la sonorisation, le manque de rigueur, et une harmonie déficiente dans l’enchaînement du programme. 

Un amateurisme évident alors que tout avait été prévu des semaines auparavant ! 

Il faut avoir l’honnêteté de reconnaître ses manquements. 

C’est l’occasion pour moi de faire un mea culpa pour le manque de ponctualité et le désordre professionnels qui caractérisent nos journées. 

Exposition d’œuvres d’art, comme toujours au programme, avec dégustation mais grandes absentes officielles et un manque d’enthousiasme pour la conférence-débat, surtout que le sujet avait du piquant, «  le Congolais et la culture : un tantinet cassant ? » 

Après avoir suivi malgré lui cette allocution infamante sur l’ipséité même de la chose culturelle Congolaise, le public n’a pas pondu une seule question. 

La société de masse ne veut pas la culture mais les loisirs. Hannah Arendt. 

Très logiquement donc, le public a réservé son euphorie aux spectacles jouissifs que sont la danse et la musique qu’on assimile trop facilement à la culture. 

Mais notre musique escortant parfois le grand walou constitue plutôt un vecteur de non valeur avec des animations équivoques sur les « dessous des aisselles » (sunga mapeka), Bonza bord (bousiller la chose),… 

Pas de rafia, pas de haillons autour des reins, ou d’énergumènes caressant un tam-tam rugissant, juste des silhouettes callipyges dopées au tatoobelly qui s’imposent à la danse, offrant leurs formes dans l’extase, à un public bruyant, houspillant tout ce qui exige une concentration de l’esprit.

Enfin, rien de culturel. 

Un sketch truffé des phrases en Lingala avec un Français approximatif et dont la sonorisation bégayante a caché les lacunes. 

Dans un recoin de la salle, une bande de bédouins snobe la scène, dans un tintamarre atterrant. 

Une bagarre a failli dégénérer. 

Alban, le présentateur, enjoint la foule de reprendre sa place, dans le calme.

Ce qui se fit non sans insistance. 

Pendant ce temps là, me vinrent en mémoire ces paroles de Paul Valery « la foule est un troupeau d’imbéciles » 

C’est donc une imposture en bonne et due forme que nous devions dénoncer dans l’exposé «  le Congolais et la culture : un tantinet cassant ? ». 

A la fin de l’allocution, personne n’a moufté.

Aucune remarque, aucune question. Un public pressé de passer à des choses plus croustillantes. C’est Hannah qui doit être contente. 

Cela m’a paru bizarre de me souvenir d’un grand monsieur qu’on a appelle « l’homme des masses ». Et il se trouve comme par hasard que c’est le président de la république ! 

Le Congolais ne serait donc pas fondamentalement culturel ? Pas si sûr, fort heureusement. Autrement nous devrions revoir l’appellation de cet évènement.

Journée d’animation dirions-nous, pour moins choquer Molière et ses amis. 

Il y a eu deux révélations, je dirais. Rholde qui nous vient d’Afrique Du Sud a revisité le répertoire de Myriam Makéba, avec la chanson simba-simba (toucher-toucher), l’équivalent du pata-pata Sud-Africain saupoudré à la sauce Congolaise. 

Bonza bord, puisque c’est son nom d’artiste, est apparu sur scène, flanqué d’une fille aux torsions coxales bien accomplies, pour le bonheur de qui vous savez.

 L’autre révélation, a été la montée sur scène d’une Marocaine un peu trop enthousiaste sur les bords. 

Elle a singé le ndombolo Kinois avec une souplesse insoupçonnée, pour laquelle ses bats de soie n’ont guère eu de pensée bienveillante, puisqu’ils se sont littéralement déchirés, offrant aux caméras et appareils photos, des images pour le moins attrayantes, ponctuées par les youyous et les râlements de mâles languissants. 

Le concours « questions pour un champion » adapté au QI local, avec des questions à deux balles et auquel il fallait contraindre le public à participer, après moult sollicitations, fut un moment émouvant. 

Au finish, deux Congolais remporteront les premières places, la troisième place revenant à Madame Benhara, épouse de Monsieur Benhara, directeur du CESA, sponsor Junior de l’évènement ! 

De la poésie, bien sûr. Et aussi du dandysme, de la sapologie ou sapelogie. Impeccabilité vestimentaire oblige, sous fond de défilé tradimoderne. 

La grande déception a été du côté de Brazzaville d’où devait partir la troupe le musée pour une prestation de contes et ballets. 

Faute d’autorisation de sortie, le groupe n’a pas pu se rendre à Casablanca. 

A noter également, un recul d’intérêt net des sponsors à la chose Congolaise. 

Effet de la crise ou caprice ? On ne le saura jamais. 

En tout cas, une chose est sûre – journée culturelle, journée d’animation à caractère culturel, appelez-la comme vous voulez- les mauvaises langues rapportent que cette bamboula-là a été bien jouée, que l’évènement a plu au public. 

Je serais plutôt curieux de savoir ce qui ne vous a pas plu. 

Etrange Patelin

7 mai, 2009
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 Etrange Patelin dans Liens 3398130363_4f22fe8c95_o

« Vous êtes bien de ce pays-là ? » 

Contrôle d’identité, admiration ou écœurement ? 

Ces trois options vous triturent peut-être les méninges. 

C’est le titre d’un conte fou de Matondo Kubu, un sociologue émérite qui enseigne à l’université Marien Ngouabi. 

On parle bien du Congo-Brazzaville, un pays (pays dites-vous ?) au nom exotique mais à la physionomie étrange. 

J’en viens, moi de ce bled, de ce patelin pommé, à la carte géographique en forme de revolver ou à cheval sur l’équateur, suivant l’angle de vision, mais cela ramène toujours à la force brute, à la violence. 

Ne dit-on pas cheval de bataille ?

Et la bataille peut-elle procéder d’autre chose que de pertes, de gâchis, de renversements ? 

Et puis, entre nous, quel jouet atroce peut-on offrir à un enfant qu’un revolver, fût-il fait de friandise ? 

Depuis un bon moment, je me sens très mal. 

J’ai honte de notre paysance, que, par ailleurs, je récuse, ne l’ayant pas constatée. 

J’ambitionne d’écrire un torchon intitulé « Congolais, un métier difficile ». 

Torchon en effet car c’est un pays gluant, comme l’a dit en d’autres termes un mystérieux homme politique. 

On me traitera sûrement de tous les noms d’oiseaux : corbeau, faucon, hiboux, charogne, vautour, perroquet,… 

On me dira qu’on ne peut pas refuser sa nature, que c’est comme ça, ainsi va la vie. C’est d’ailleurs notre devise. Le Congolais est très fataliste, vous savez.

Maintenant, si je me mets à citer les défauts de cet humanoïde si proche de l’homme, on n’en sortira pas. 

Un pays paradoxal d’à peine 2.500.0000 Congolais (les vrais), quatrième producteur Africain de pétrole, avec un réseau hydroélectrique parmi les plus enviés au monde, une terre fertile, squattée de bois à perte de vue, des forêts gigantesques inexploitées, un sous-sol qui n’a pas encore livré tous ses secrets. 

Le Congo est en passe de devenir d’ici à trois ans, le premier pays Africain producteur de Potasse et champion mondial de la canalite, selon le récent rapport d’une société de prospection minéralière Canadienne. 

Mais ce pays est le plus endetté au monde par tête d’habitant, avec plus 70% de la population vivant avec moins d’un dollar par jour. 

Les chiffres officiels parlent d’un taux de chômage de 30%. 

Le pays est beaucoup plus riche que jamais mais paradoxalement, plus pauvre. 

Pas d’ADSL, pas d’eau, pas d’électricité alors que baigné par le deuxième fleuve le plus long d’Afrique et l’un des plus puissants au monde ! 

Le niveau d’instruction de mes compatriotes, dont je ne me moquerais pas bien entendu, est atterrant. 

Les élèves sont assis à même le sol, faute de tables-bancs, dans une « case » qu’on appelle impunément « salle de classe« . 

La bêtise Congolaise est si déroutante qu’elle est devenue un genre littéraire, le fonds de commerce de certains écrivains visionnaires. 

Nous payons aujourd’hui les frais de la guerre d’il y a 12 ans où l’Etat a reçu un grand coup, ce qui bien sûr légitime l’emploi du terme « coup d’Etat » car cet évènement tragique a mis un terme à un processus démocratique mis en place cinq ans plutôt, à la sortie du monopartisme pécétiste, de triste mémoire. 

Les idéaux républicains dont se réclament les politicards Congolais sont monnayés sur l’autel des intérêts personnels et des mobiles revanchards, car la politique, dans l’imaginaire collectif Congolais est, non pas l’art de bien diriger les affaires de la cité, mais plutôt l’habileté à mentir poliment, sans jamais renvoyer à ceux à qui l’on s’adresse leur vraie image : des cons obéissants. 

C’est la raison pour laquelle les statistiques et les pronostics ne peuvent prospérer dans ce pays, en raison d’une relation allégorique que ces grotesques personnages entretiennent avec la girouette. 

A défaut d’être un grand gars qui fera disparaître toute cette misère par un coup de balai magique, je viens sur cet espace verser mes élucubrations car est bien fou qui ose affronter un géant. 

Lors de sa visite à Brazzaville en Mars dernier, Nicolas Sarkozy, le président Français le plus bling bling de tous les temps, a dit, le cœur serré, avec un brin de gêne « Les Congolais ont la fortune à portée de main et pourtant, ils restent pauvres ; pardonnez-moi si je vous choque, mais comment ne pas être attristé par un tel gâchis ? » 

Une phrase qui en dit long sur la honte qu’inspire ce petit lopin de terre où les présidents en sont encore à inaugurer en grandes pompes, quelques tronçons de route et des petits ponts rafistolés et où les des dignitaires en sont réduits au griotisme politique pour chanter les louanges du chef, certains caressant même l’expression dans le sens du poil ! 

La politique n’est pas mon pain de mie mais j’en ai un peu par-dessus la tête. 

Je souffre de la Congobiose, ce mal d’être Congolais. 

Quelqu’un aurait –t-il des comprimés de Congo bololo ?   

 

Monarchies Africaines : Abdoulaye WADE, le chaînon manquant

4 mai, 2009
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Monarchies Africaines : Abdoulaye WADE, le chaînon manquant dans Liens 610x 

 Le vieux a faussé !

C’est le sentiment général sur les bords de Dakar et dans tout le Sénégal. 

Abdoulaye Wade, ou l’homme par qui le scandale arrive. 

En fait de scandale, il s’agit de la nomination de son fils Karim, jusque-là conseiller spécial de Papa, au ministère d’Etat à la Coopération internationale, de l’aménagement du territoire, des transports aériens et des infrastructures. 

Homme de loi, Avocat trublion et bouillonnant au temps d’Abdou Diouf, l’homme n’est plus que l’ombre de lui-même. 

Naguère intransigeant sur les bords, l’homme en a déçu plus d’un, en cédant à la tentation de la plupart des chefs d’Etats Africain : confier leur succession à un membre de la famille, quand ils ne peuvent rempiler un autre mandant, afin de garder la main. 

On l’a vu avec Eyadema ou Kabila, sans que personne ne s’en émeuve ! 

Le Gabon a son Ali Bongo [fils du président et ministre de la Défense], le Sénégal son Karim Wade », ironisait hier le journal privé « L’As ». 

Le Sénégal s’est réveillé groggy après le coup d’Etat filial du gorgui (le vieux en wolof). 

Etait-ce un droit de réponse du vieux à l’endroit de l’électorat renégat qui l’a gratifié, il y a peu de temps, d’un camouflet saignant, ayant perdu aux communales et aux législatives ? 

Autoproclamé démocrate, l’octogénaire s’est toujours défendu de préparer son fils à sa succession. 

Son CV est des plus impressionnants. 

Conseiller spécial du président en 2001, soit un an après l’accès du pater au trône, le voilà déjà à l’ANOCI (Agence Nationale pour l’Organisation de la Conférence Islamique) puis à la manœuvre des grands travaux de Dakar, un clin d’œil pour les échéances. 

Mais on ne baratine pas aussi facilement les Dakarois et, ils le lui ont fait savoir en ne l’élisant pas à la municipalité. 

Que pouvait faire un père aimant ? 

Karim qui venait de perdre sa femme il y a quelques jours à de quoi se consoler. 

L’opinion de la France ? 

Un malaise ressenti à l’Elysée, dit-on.

Et pour Jean Sarkozy ? Personne ne moufte dans l’entourage du chef. 

Puisque le mal est fait, il ne reste plus qu’à juger le « bambin » sur les résultats. 

Les Anglais diraient, « just wait and see. » 

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