Univers Manchettellesque

La couleur de peau est un détail auquel la pensée universelle ne doit jamais s’arrêter !

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Archive pour juillet, 2009


De quel Amour blessé, Fouad Laroui

28 juillet, 2009
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De quel Amour blessé. 

 

 

 dequelamour.bmp

 

 Un titre énigmatique où l’on peut deviner un point d’interrogation que l’auteur ellipse à souhait. 

Ou tout naturellement, puisque le point d’interrogation n’existait pas en Arabe classique, jusqu’à une époque toute récente où il a été adopté. 

L’auteur y va donc de son affirmation identitaire. Il est Arabe, et il l’annonce. 

Amour blessé. 

Du tabou qu’on ose évoquer, puis la censure qui arrive sans ponctuer. 

Voilà pour la forme typographique. 

Puis dans le fond, est-ce peut-être une invite faite au lecteur à ce monde magique parfois désenchanté, pour trouver ses propres ponctuations et  s’inventer une fin qui plaise, puisque vers la fin de ce roman-récit, le tatillon auteur s’en fabrique plusieurs, pris à parti part des lecteurs qui se sentent floués, des personnages qui se sentent trahis et racornis, un éditeur exigent et ses propres turpitudes. 

C’est un roman-réalité qui aborde avec un langage plutôt inhabituel, des problèmes aussi sensibles que l’Amour, les préjugés, l’intolérance, l’immigration, le référentiel culturel, l’identité, avec des personnages grossiers qui se télescopent. 

Judith et Jamal s’aiment. 

Un Amour alphabétique qui file la connivence ? Pas si sûr. 

Elle est juive, lui, Arabe. Ce n’est pas un problème pour eux. 

Ils vivent à Paris, au pays des droits de l’homme, dans un monde moderne où les acquis de la république leur ont appris à voir bien au-delà de la couleur de la peau, de la taille des cheveux ou du patronyme. 

Le problème, ce sont les parents Touati et Abal-Khaïl qui, se détestant mutuellement, s’entendent (si on peut dire sur un seul point : il est hors de question que leurs enfants se becquètent. 

Dès lors des mesures draconiennes vont être prises pour les en dissuader : Monsieur Touati, ci-devant père de Judith qui est juive, jure un moment à la mère de Jamal l’importun, de les tuer tous les deux, sa fille et son prince pas tout à fait charmant aux yeux du père qui voit en cette union un pied de nez à son honneur. 

« Déjà un catholique, ce serait dur  avaler, hein ? Mais un Arabe, Madame, un Arabe ! » lance –t-il, sur un ton  prophétique, à la mère de Jamal toute apeurée au bout du fil.           

Puis mettant entre parenthèses son crime filial, Monsieur Touati va faire venir deux cogneurs professionnels de Tel Aviv, de vrais professionnels ayant participé à l’annexion des terres Palestiniennes. 

Leur mission : faire passer à Jamal un sale quart d’heure et lui couper l’envie de recommencer. 

Mais ce que tout le monde ignore, à l’exception de Judith, du cousin narrateur et de la maman de Jamal entrée dans la confidence par la force des choses, c’est que Judith vit chez les Abal-Khaïl, au fond d’un placard dans la chambre de Jamal, sans que le chef de famille ne s’en doutât à aucun moment. 

Dans un univers d’Amour où tout n’est pas forcément rose, l’auteur aborde l’intolérance, par la voix salace d’un journaliste déroutant au nom aussi évocateur que Gluard. 

Quelques clichés au passage encadrant des problèmes d’immigration et d’identité sous fond de délit de faciès et de maraboutage. 

Une dédicace qui botte en touche la corruption généralisée des agents des forces de l’ordre lors d’un bref épisode qui raconte un retour au bled, à la rencontre de Momo, un ex Parisien et grand frère de Jamal parachuté dans les montagnes du rif après un procès en France pour vol de bicyclette. Une vraie bouffée d’oxygène tant l’auteur se révèle un prodigieux talent à l’autodérision. 

Tout y passe, du couscous au grand boubou. 

Finalement, la grande question toujours posée, celle de l’Amour, est éludée par un bref passage où le narrateur se livre à un cogitatum métaphysique. 

Il n’en sortira rien, sinon ceci, quoi qu’en en pense, ce ne sont que de mots. 

« On peut diluer à l’infini cette échelle des sentiments – et ce ne sont encore que des mots ! » 

De quel Amour blessé ? On n’en saurait pas un brin à moins de lire le Roman. 

 

Fiche technique : 

Type : Roman Fiction 

Auteur : Fouad Laroui 

Nombre de pages : 154 

Année Parution : 1998 

Thèmes abordés : Romance, Immigration, Tolérance, Racisme, Education.

Critique par  Van Manchette 

 

Critique littéraire

25 juillet, 2009
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Je vais, dans les jours qui suivent, revenir à une passion qui m’anime à mes heures perdues: la critique.

Ce qui ne doit pas toujours être vu sous le prisme de la négativité.

Des comptes rendus pour vous, des piques, des cris de coeur sur les romans, essais et livres lus pour vous, en fouinant un peu partout. 

Cette activité favorise la gymnastique des neurones et me permet de garder pied avec le monde de l’intellect qui, tel le fer qui s’aiguise par le fer, doit être maintenu dans le collimateur du lecteur avisé.

Ce silence observé sur mon blog ces derniers jours est tout aussi prédicable à un souci de connexion sur mon ordinateur personnel qu’à la langueur qui s’est emparé de mon coeur, à la suite des viols répétés sur la conscience collective et d’une arithmétique machiavélique ayant mis sous forceps un bien trop grand mot pour le QI Africain: Démocratie.

A très bientôt chers lecteurs.

MEDITONS

20 juillet, 2009
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Quatre vingt seize heures, j’ai suspendu mon souffle, pensant qu’il se passerait quelque chose au pays où l’eau et l’électricité “foutent” le camp.  

Quatre vingt seize heures que je scrute l’horizon sans percevoir le moindre signe.  

Quatre vingt seize heures que je regarde Marianne en face; elle blêmit sans rien dire, pas de casseroles.  

Quatre vingt seize heures que les récriminations velléitaires  d’un peuple honni se sont tues.  

Je venais parfois nager dans ce marigot où je voyais patauger des adolescents politiques.   Pourquoi s’égosiller sous l’arbre à palabre quand l’assemblée est constituée de sourds ?  

J’observe, tel un sage, les signes du temps, je scrute, j’implore, je médite en silence, sans polémiques et sans vulgarité, sur la dignité humaine et le sens de l’honneur.  

Petit à petit, je reprends un souffle nouveau, confiant en un avenir radieux.  

Que mes élucubrations jaculatoires me sortent au moins de cette torpeur rédhibitoire et antinomique.  

Vive la république ! 

SILENCE, je pleure…

16 juillet, 2009
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