Univers Manchettellesque

La couleur de peau est un détail auquel la pensée universelle ne doit jamais s’arrêter !

Archive pour juin, 2011


Hypocrite, va, je ne te hais point !

27 juin, 2011
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Cette petite pause de quelques jours que vous avez constatée m’a permis de méditer sur la vacuité des relations humaines, sur le caractère suspect et nuisible que peuvent avoir l’hospitalité et la sympathie ; d’une manière générale, je suis convaincu que la bêtise humaine n’est pas qu’une simple expression, j’ai eu la preuve qu’elle existe et que quand elle vient à s’exprimer par la bouche d’une personne que vous estimiez, ça vous sourde l’oreille telle une estocade. 

Entre un hypocrite et un ennemi, je préfère un ennemi, parce que lui au moins il est officiel et l’autre n’est qu’un lâche. Or, je n’ai aucune sympathie pour les lâches. Ils m’inspirent du dégoût et de la condescendance. Il faut bien que la bêtise foisonne n’est-ce pas ? 

Vous en aurez vous aussi, des histoires incroyables à raconter et vous acquérez cette solennité quand un jour vous direz d’un air grave, les cheveux grisonnants : « croyez-moi, je sais de quoi je parle » !

En raison de la promiscuité, je n’en dirai pas plus, mais l’âme humaine est profondement sombre, je constate. 

Bon début de semaine à tous. 

Le Clitoris a une journée mondiale !

20 juin, 2011
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D’une Clio à un Clito, il n’y a qu’un T. Peut-être un T pour « tendancieux ».

En chine, on célèbre la fête du Pénis en grande pompe, comme on célèbrerait la Saint Valentin ou la fête des mères.

Et puisque les femmes militent toujours pour l’égalité avec les hommes, voilà qu’elles viennent d’inventer la journée mondiale du Clitoris, une initiative du réseau « Osez le féminisme ! »

Un site dédié au Clitoris (ne riez pas) a même été créé pour promouvoir le plaisir sexuel féminin trop souvent ignoré, d’après ces étranges féministes. Le site s’appelle justement : www.osezleclito.fr

L’une des initiatrices de cette étonnante initiative annonce les couleurs Elle « est partie d’un constat : en matière de sexualités, l’égalité femmes-hommes reste à construire et l’intimité reste un lieu de pouvoir masculin. »

L’association souhaite affirmer que les sexualités des femmes sont multiples, se vivent en dehors de toutes procréations et ne sont pas forcément complémentaires du sexe masculin.

Lundi soir, « près de 250 militantes, à Paris et partout en France, recouvriront les murs d’affiches montrant l’organe clitoris en entier et intitulées « Instigateur de plaisirs », des équipes tagueront les trottoirs à l’aide de pochoirs Osezleclito.fr », détaille le communiqué.

Ce n’est pas rien car si pendant la fête de la bière en Allemagne la coutume veut que l’on offre de la bière à son voisin et que l’on se joigne à la foule en marche en buvant de tonnelets, peut-être les plus chanceux auront-ils droit à des orgies publiques, qui sait !

 

A une Malabaraise, le poème

20 juin, 2011
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Désolé pour le retard.

Je vous présente A une Malabaraise

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Tes pieds sont aussi fins que tes mains, et ta hanche
Est Large à faire envie à la plus belle blanche ;
A l’artiste pensif ton corps est doux et cher ;
Tes grands yeux de velours sont plus noirs que ta chair.

Aux pays chauds et bleus où ton Dieu t’a fait naître,
Ta tâche est d’allumer la pipe de ton maître,
De pourvoir les flacons d’eaux fraîches et d’odeurs,
De chasser loin du lit les moustiques rôdeurs,
Et, dès que le matin fait chanter les platanes,
D’acheter au bazar ananas et bananes.
Tout le jour, où tu veux, tu mènes tes pieds nus
Et fredonnes tout bas de vieux airs inconnus ;
Et quand descend le soir au manteau d’écarlate,
Tu poses doucement ton corps sur une natte,
Où tes rêves flottants sont pleins de colibris,
Et toujours, comme toi, gracieux et fleuris.

Pourquoi, l’heureuse enfant, veux-tu voir notre France,
Ce pays trop peuplé que fauche la souffrance,
Et, confiant ta vie aux bras forts des marins,
Faire de grands adieux à tes chers tamarins ?
Toi, vêtue à moitié de mousselines frêles,
Frissonnante là-bas sous la neige et les grêles,
Comme tu pleurerais tes loisirs doux et francs,
Si, le corset brutal emprisonnant tes flancs,
Il te fallait glaner ton souper dans nos fanges
Et vendre le parfum de tes charmes étranges,
L’oeil pensif, et suivant, dans nos sales brouillards,
Des cocotiers absents les fantômes épars !

Poème de Charles Baudelaire cueilli du Jardin Les fleurs du mal, un chef-d’oeuvre poétique

 

 

 

 

 

 

A une Malabaraise.

17 juin, 2011
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Me revoilà. Voici ce qu’aurait pu être mon intervention à cette parenthèse de poésie où Nicolas et Raphaële DE LA FORTELLE avaient le beau rôle:

Je vous remercie pour cette tendre branche de l’arbre à palabres que vous me tendez !

Charles Baudelaire est, sans conteste, l’un des plus illustres poètes que la France ait jamais connus, d’autant plus qu’il est mon mentor et que son œuvre a eu une incidence grave dans ma propre création poétique.

Je parle d’un mentorat au sens figuré vous vous doutez bien, à moins d’en être la réincarnation, je n’eusse été son filleul naturel !

J’ai été charmé par le poème « à une Malabaraise » cueilli dans le jardin des Fleurs du mal.

Je ne voudrais pas faire une analyse esthétique et méticuleuse de ce poème mais daignez pardonner à un quidam de l’aborder sous le prisme d’un Africain qui perçoit la France comme un Eldorado.

A l’abordage, ce poème apparaît comme est un hymne à l’exotisme et un prétexte malin pour mieux dénoncer la misère qui sévit en France à cette époque.

Il nous permet de mettre en lumière le problème de l’immigration, un thème peu abordé, ce qui souligne le caractère engagé, tatillon, insolent, singulier, futuriste même du poète.

Les moyens de transport des clandestins, on le voit, n’ont guère beaucoup évolué ; l’auteur évoque la voie des mers qui aujourd’hui continue à faire beaucoup de naufragés aux larges de Lampedusa, Ceuta et Melilla sous l’œil indifférent de la communauté internationale.

Charles aide à déseldoraliser l’idéal que les tiers-mondistes se font d’une France paradisiaque et fait malicieusement rimer France et souffrance, comme si la France était en fait une apocope  de la souffrance ! Ce qui exigeait un courage insolent. Qui mieux que Baudelaire pouvait assumer cette mission ?

Tantôt il fait apparaître la femme sous les traits d’une esclave affairée aux soins de son maître (ta tâche est d’allumer la pipe de ton maître), tantôt il lui rend sa liberté.

Il parle d’elle comme ayant un maître et lui reconnaît la liberté d’aller où elle veut (tout le jour, où tu veux, tu mènes tes pas nus), y compris même d’émigrer en France.

Cette contradiction volontaire nous met sur la piste d’une mentalité esclavagiste et machiste de la gent masculine qui voit en la femme un objet de servitude et prévient la candidate à l’exil des dangers auxquels elle pourrait être exposée, à savoir la mendicité et la prostitution qu’il évoque  d’ailleurs avec beaucoup de pudeur pour ne pas faire perdre à cette femme sa dignité, cette femme qui a des charmes étranges.

Ici le mot « étranges » n’est pas fortuit. Il est polysémique, évoquant à la fois le saisissement intriguant d’un ailleurs inconnu qu’il suscite et souligne l’extra-territorialité de la personne qui en est pourvue.

Les critiques pointent du doigt une narration inspirée des clichés, c’est vrai, mais la réalité têtue fait que l’on puisse reconnaître à Charles Baudelaire cette capacité à penser juste, même quand il affabule.

Et la contemporanéité de cette œuvre surprend autant qu’elle fascine.

PS : Je vous poste demain A une Malabaraise

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