Univers Manchettellesque

La couleur de peau est un détail auquel la pensée universelle ne doit jamais s’arrêter !

17
nov 2011
Chiffre 12, pfff !!!
Posté dans Liens par vanmanchette à 11:21 | Pas de réponses »
Chiffre 12, pfff !!! dans Liens normal_12_prairie-300x300

Vous aimez le douze ?

Avec la douzaine, ça passe encore. Je ne sais pas vous mais moi, quand j’entends le chiffre 12, j’ai comme un doute.  Goliath avait 12 orteils…  Si c’est pas un signe ça ! J’ai eu un doute après ma journée de travail.

Comme tout employé modèle, je n’ai pas de voiture (pas encore), j’emprunte donc le bus du transport du personnel.

Mon itinéraire se situe entre celui du bus 12 et le 14. Mais je prends généralement le 12.

Ce soir, j’ai eu un doute entre le 12 et le 14. J’aurais dû choisir le 14 qui présente, entre autres comme avantages une belle brochette de jolies demoiselles qui, tels des antistress, me font oublier la bureaucratie qui, tout comme le taille crayon use la mine ! Mais le 12 ! Le 12 est une calamité. La dominance des pantalons y fait régner une ambiance de légionnaires. Il est bondé de barbus (au sens capillaire s’il vous plaît). Mais le 12 est plus rapide.

Après être descendu pour chercher en vain le 14, je suis finalement remonté dans le 12. Ah la connerie ! La belle connerie !

Notre chauffeur qui, c’est vrai, ne compétit pas dans le Marrakech Grand prix, est un petit fou du volant. Il a donc appuyé sur le champignon. Un peu trop je crois. Nous avons dévalé en toute hâte la descente de Californie vers le carrefour de marjane. Ses ardeurs se sont heurtées à la fougue d’un jeune diabolos conduisant une Honda. L’un voulait dépasser l’autre. L’autre ne se laissait pas faire et zigzaguait. Ils se sont mitoyés à moins de 50 centimètres, jusqu’au moment où excédé par les taquineries de notre Hamilton (Schumacher est démodé), le jeune loup se mit volontairement en position d’être coincé par notre bus. On effleura légèrement son flanc droit. Le bus s’immobilisa sur le côté et le chauffeur actionna les feux de détresse en écho des feux allumés par l’autre chenapan. Le jeune pilote sortit violemment en même temps que notre chauffeur dans un accès de colère, avec un florilège des meilleures insultes millésimées. On aurait dit un concerto d’opéra animé par des maestros qui rivalisent de talent, chacun jouant sa partition. La gestuelle marocaine était à l’honneur, un véritable one man show grandeur nature. Assis derrière le siège du chauffeur j’étais aux premières loges de cet échange viril. Des mots comme Boulice (le P n’existe pas en arabe il paraît), tilifoun’ (pas besoin de traduire, je pense). Il fallait donc faire un constat. On palabra pendant longtemps. Plusieurs tribuns se relayèrent pour essayer de faire entendre raison au sieur qui pour les besoins de la représentation avait mis sa veste en sortant de sa voiture ! Les filles très excédées lancèrent des fatwas et des imprécations. L’excité devint autiste. Cet incident chronovore avait achevé de m’énerver mais me réconcilia en même temps avec la lecture. Je lisais alors l’Etat sauvage de Georges Conchon. C’est là que j’entendis une des filles traiter le garçon de « malade ». Un vrai attentat de « terrorisme logistique ».

Une fois qu’il s’était assuré que la patience du groupe avait été cuite à point, la dispute s’arrêta.

J’eus le temps de remarquer que la voiture en question était une Honda Accord. Bizarrement il m’apparut qu’il manquait un D, sans doute le D de dialogue. Comment pourrait-il en être autrement ?

Nous quittions donc l’accotement et notre chauffeur de se signer dans un ultime baroud d’honneur. Crachat de rigueur s’il vous plaît !

Mon niveau du darija est très élémentaire mais j’entendis quelque chose comme chouffeur diel patron’. Croyez-moi, il est des circonstances où la connaissance d’une langue étrangère n’est pas forcément indispensable. Vous comprenez l’enjeu de manière hypothéticodéductive. La sémantique m’apprit alors que notre chauffeur à nous, avait jugé à l’attitude du forcené à la Honda qu’il était probablement le chauffeur de son patron. Chauffeur ou pas, je m’en foutais, du moment que j’allais enfin rentrer chez moi. Avec le recul, j’ai pris une résolution.

Désormais, j’ai décidé que je monterai dans le 14 les jours impairs et dans le 12 les jours pairs.

Aujourd’hui, j’aurais dû prendre le 14. En même temps, comment aurais-je pu vous raconter cette histoire ?

Demain, je monterai quand même dans le 12. La foudre frappe rarement deux fois au même endroit. J’ai hâte de voir la tête de ceux qui empruntent le 14.


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