Univers Manchettellesque

La couleur de peau est un détail auquel la pensée universelle ne doit jamais s’arrêter !

Archive pour la catégorie 'Liens'


Saint Valentin ! Et… ?

14 février, 2018
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Puisque, par convention, l’association universelle des moutons voudrait que ce jour soit mémorable, voici un poème tiré de mon recueil de poèmes(non paru à ce jour – JE CHERCHE TOUJOURS UN ÉDITEUR -):

A tous ceux qui n’ont jamais osé aimer

Jamais bu un litre et demi de béguin,

Jamais une âme, sœur de la sienne étreint !

Jamais pour un cœur tendre et doux succombé,

Voici venir glorieuse, la Saint Valentin,

Jadis fêtes des lupercales dans Rome,

Jour où des cœurs on chasse les fantômes

Et où tous les infidèles sont des saints !

D’une flèche dorée je perce un sein !

Je veux, n’importe qui prendre dans mes bras

Et fondre en larmes sous ses ébats !

Sucer l’Amour avec une langue de raisin.

Que les amoureux deviennent des anges

Avec des ailes blanches d’un songe féérique.

Que le chant lyrique l’emporte sur l’épique !

Cueillez ce bonheur qui dort sur les pervenches !

Soyez roses, pensez bleu, restez au vert !

Pensez à cet hymne lointain qui vous libère.

Ecoutez sans broncher cette humble prière.

Aimez encore plus ce qui vous sont chers.

Jour béni des fées, par l’impudent dénigré,

Vous me plongez lentement dans la gaieté !

Grâce à vous je dors d’un sommeil éclairé.

Vous êtes léger tel un beau jour d’Eté !

Un expresso s’il vous plaît !

6 décembre, 2017
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J’adore le café, vous savez. C’est ma boisson préférée au réveil après l’eau, bien sûr. Ça me donne du tonus.

Quand j’étais plus jeune, j’en prenais quasiment 3 tasses par jour en moyenne dont une assaisonnée au poivre noir indien.Au boulot, j’en prends aussi. Justement, en dehors des distributeurs automatiques qui rendent la monnaie sans la moindre civilité, nous avons une cafétéria où des femmes affables mettent des machines à contribution pour moudre le café. Je prends toujours l’expresso. Ce qu’il y a de touchant dans un expresso, c’est l’exigence même d’un service rapide mais bien fait de ce délicieux poison. Et c’est là tout le problème ! Il y a beaucoup de buveurs de café qui font la queue. Du coup, on a dressé deux files d’attente.

Une des deux files est toujours bondée de monde tandis que dans l’autre file, il n’y a pas grand monde. Tout le monde se range du côté de la file de droite, mettant celle de gauche en quarantaine. La fille de droite fait un meilleur café que la fille de gauche, disent les lèvres qui ont goûté aux deux recettes. L’autre, à côté, c’est de la fiole, du pipi de chat, complétez…

Au début, je faisais refaire à la donzelle mes expresso jusqu’à trois fois de suite parce que, entre nous, c’était vraiment infect ! A chaque fois, c’était pareil. Et elle prenait tout son temps ! Puis je commençais à aller dans la file de droite quitte à attendre plus longtemps. La fille de la file de droite connaissait mon numéro de badge, elle maîtrisait la puissance de feu que je voulais dans mon café, le PhP du sucre, l’acidité de l’arôme. Bref, tous les trucs que seuls George Clooney et moi connaissons. Cela me rassurait, me donnait le sentiment d’être un client à part. Comment dire… spécial !

Et comme un coucou remonté à bloc, je glissais quelques pièces dans le gobelet qui leur servait de pourboirium.

Puis un jour où j’avais vraiment besoin de prendre un café, j’ai attendu plus que d’habitude et pour éviter de me brouiller avec mon employeur pour dépassement de pause, je suis reparti sur ma position, alors que si je m’étais placé dans la file de gauche, j’aurais été servi bien avant. C’est là que ça a fait « tilt » dans ma tête. Au-delà même des soucis de rétivité, je me suis mis à raisonner plan de carrière. Je me suis rappelé qu’on m’avait aussi donné ma chance d’apprendre dans un environnement hostile, aux antipodes de ma formation littéraire où je pouvais faire des promenades de santé avec des muses et jouer avec des alexandrins avant de les pourfendre avec des hémistiches alambiqués.

Combien de fois je ne me suis pas planté ! Pendant combien de temps ne suis-je resté en mode « imbécile » ! Et si on ne m’avait pas donné ma chance, si personne n’avait misé sur mon potentiel et ma capacité à m’adapter à ce nouvel environnement, hein ?

Peu à peu, j’ai commencé à changer d’attitude envers cette fille. J’allais m’aligner avec les autres. Pas pour les mêmes raisons. Pas parce que j’étais pressé mais parce que je le ressentais comme un devoir de rendre le bien qui m’avait été fait à une personne qui avait besoin de mon aide. Je lui faisais des compliments à chaque progrès qu’elle faisait et elle me demandait si mon café me convenait. Petit à petit, elle a pris confiance en elle.

Quand j’ai voulu lui donner mon numéro de badge, elle m’a dit que ce n’était pas la peine car elle avait déjà débité mon solde et elle m’appelait par mon prénom !

J’ai réalisé que je ne connaissais même pas son prénom. C’est à peine si je répondais « bonjour » à ses salutations amicales avant de lancer sur un ton aristocratique «  un expresso, s’il vous plaît ! ». J’ai appris plus tard qu’elle s’appelait Fatima-Zahra.

Je suis content qu’elle se soit améliorée au fil du temps. Désormais, j’ai l’embarras du choix quand j’arrive à la cafétéria. Quand la file de droite est bondée, je bascule sur celle de droite et inversement. Peu importe qui fait mon café, je sais que je n’aurais pas à le recracher. Mais ça, les autres ne le savent pas.  C’est alors que cette maxime prend tout son sens : « si vous jugez un poisson à sa capacité à grimper sur un arbre, il passera toute sa vie à croire qu’il est incompétent alors que c’est un excellent Maître-nageur ! »

Le Djihad. Et si on en parlait ?

4 décembre, 2017
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Le Djihad.  Ça fait un moment que je voulais écrire là-dessus sans toutefois lier ce terme à un label religieux ni le réduire à sa plus simple expression.

Ce matin, en allant faire le tour des manèges imaginaires près du jardin public attenant au site de Casanearshore, j’ai assisté à un spectacle d’habitude hétérotopique que je m’employais à engager comme insecticide contre des miasmes morbides.

Un nuée de femmes ayant ajouté le voile comme accessoire sportif, portant des pantalons ou des djellabas qui ne laissent place à aucune imagination du domaine de la ceinture se font face en plein milieu du jardin, pas loin des balançoires où des enfants viennent taquiner la fraîcheur du vent qui caresse leurs cheveux pendant qu’ils s’élèvent vers le ciel immédiat.

Elles tiennent chacune un bout de bois de façon horizontale en levant les bras vers le ciel tout en suivant du regard leur monitrice. Elles enchaînent ensuite des moulinets tout en fléchissant les jambes et s’en vont faire le tour du terrain en trottinant.  Certaines sont jeunes, d’autres le sont beaucoup moins mais on sent qu’elles sont liées par une volonté farouche de vaincre quelque chose qui ressemble à une oppression.

La plupart sont boudinées, il est vrai. Ce qui me met sur la piste du sport. Mais levées si tôt le matin, ayant abandonné leurs foyers, sans doute. C’est qu’elles se sont accordé le droit à l’évasion. Le droit de bénéficier d’une pause m’ra, une pause entre femmes, à l’abri de la gent masculine, même si je dénombre environ 5 hommes parmi cette trentaine de femmes. Certaines d’entre elles se sont faites accompagner par leurs bourreaux d’Amour. Qu’importe ! Elles sont libres, sans artifices.  Pas besoin de montrer de jolies paires de Basket tout droit sorties de chez Nike, Rebook ou un autre temple de la mode sportive. Les habits qu’elles portent les rendent dignes et soignées. Elles se joignent à la cause environnementale en utilisant du matériel recyclable, comme ce bout de bois.

C’est finalement ça le Djihad : arriver à dépasser les conventions, sans complexe, prendre part à la communauté de l’humanité avec ses propres codes sans transgresser ses propres principes de vie. Prendre la vie avec simplicité sans rien lâcher de sa dignité. Le tout sans rien envier aux autres et en se contentant de ce que l’on a.

La vie a beaucoup à nous apprendre et avec si peu, on peut accomplir des prouesses.

Robot

18 octobre, 2017
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Il me prenait une envie nauséeuse d’écrire quelque chose depuis un moment. Je repoussais cet instant comme celui d’une inspiration évanescente tapie là, quelque part ; attendant que j’invite les mots à la fête pour donner à cette inspiration fantôme une contenance.

Pendant ce temps, je ne suis pas bien avancé sur les 100 expressions congolaises dont il me reste au moins une soixantaine à aligner.

Tout à coup, je tombe sur cette image qui fera la Une du New Yorker en ce 23 Octobre 2017.

Une image qu’on croirait provenir du futur. Sauf que c’est une infographie contemporaine.

Très saisissante de réalisme, cette image. Je pense que l’appétence exagérée pour les nouvelles technologies nous déshumanise un peu plus chaque jour. La désocialisation massive est en train de nous transformer en quelque chose de bien moins digne que les humanoïdes dépeints dans cette illustration. Nous donnons par pur mimétisme quand nous ne le faisons pas mécaniquement. Le terme de « réseaux sociaux » est une imposture car bien loin de remplir la tâche sous-tendue : rapprocher davantage les communautés, aller à la découverte d’autres horizons, démocratiser l’information pour un meilleur vivre ensemble… Au lieu de cela, nous nous enfermons dans des hétérotopies desquelles on a du mal à sortir. Dans les stations de métro, en plein vol, dans le train ou les autocars, les gens ne se parlent plus. Ils se regardent en chiens de faïence et laissent les émoticônes se charger de leur communication. Rien d’étonnant à ce que peu de gens sachent lire ou écrire sans faire tousser Molière.

Il faut de la résistance contre ce projet d’abêtissement et de déneuronnisation des masses.

Pour ma part, je m’échine à faire la lecture à mes petites pousses de moins d’un an dès que je peux et m’impose à moi-même une discipline pour maintenir la lecture à un rythme olympique.

Les réseaux sociaux sont un véritable nid à nigauds où les gens qui jusque-là n’avaient que le droit d’opiner du chef au cours d’un débat d’idées, animent désormais un auditoire aussi béat que les idées qu’ils distillent. Sans aucune prétention de ma part, j’estime qu’on devrait autant encourager la fréquentation de bibliothèques que de boîtes de nuits.

L’orthographe et la lecture doivent reprendre une place de choix dans l’enseignement élémentaire. Des jeunes doivent être formés à l’art oratoire et armés pour défendre leurs opinions. C’est à cela que devrait servir la communication. De locuteur à locuteur, en devrait parler d’interlocution. Au lieu de cela, nous assistons à des allocutions sans échange constructif

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